En attendant Boutin
Je revois l’instant merveilleux
Où devant moi tu apparus,
Vision à peine ébauchée,
Claire image de la beauté.
Accablé jusqu’au désespoir,
Assourdi par le bruit du monde,
J’entendis longtemps ta voix tendre
Et rêvai de tes traits aimés.
Les ans passèrent. Les tempêtes
Au vent jetèrent tous mes rêves
Et j’en oubliai ta voix tendre
Et les traits purs de ton visage.
Mes jours se traînaient silencieux
Dans une sombre réclusion,
Sans génie, sans inspiration,
Sans vie, sans amour et sans larmes.
Quand sonna l’heure du réveil,
Devant moi tu réapparus,
Vision à peine ébauchée,
Claire image de la beauté,
Et mon coeur s’est remis à battre,
Ivre de voir ressusciter
Le génie et l’inspiration,
La vie, l’amour et les larmes.
Alexandre Pouchkine
Sculpture by Myriam Mechita.
Sculpture by Myriam Mechita.
myriam mechita
Myriam MECHITA, avec la Fondation Jean-Marc SALOMON, à l’Abbaye d’Annecy-le-Vieux. Le vernissage, s’était hier, avec l’artiste. Venez nombreux, c’est gratuit et de qualité.
LES NAUFRAGES INVISIBLES ou le PAPILLON PLUS FORT QUE LE TIGRE
Le bleu ne fait pas de bruit.
C’est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l’attire à soi, l’apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu’en elle il s’enfonce et se noie sans se rendre compte de rien.
Indéfiniment, le bleu s’évade.
Ce n’est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l’air. Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et transparente dans la tête de l’homme que dans les cieux.
L’air que nous respirons, l’apparence de vide sur laquelle remuent nos figures, l’espace que nous traversons n’est rien d’autre que ce bleu terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre vie.
Jean-Michel Maulpoix
© Mercure de France, 1993Tableau Mélanie Bachmann
Caresser l’espoir
C’est presque un baiser
Un élan pour croire
Des instants aisés…
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Dominer l’attente
Des couleurs de l’angoisse
Aux plis de la détente
Et du temps qui passe…
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Des narines au souffle brûlant
Lèvres incandescentes
Le front ruisserlant
Expectative naissante…
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Armes d’Amour stockés
Munitions pas obsolètes
Une atmosphère belle à croquer
Pourpre le sang des Poètes…
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Les instants savent dilater
Les perspectives d’un rêve
La vérité à éclaté
J’en récolte la sève…
Spyros Karageorgis